
Screenshot from the YouTube documentary “Africa’s Blue Pride: The Rise of the Indian Ocean.” Fair use.
Fully leveraging the economic activities involving Africa’s ocean, sea, and lake resources could help the continent’s development and increase job opportunities.
With 38 coastal and island states and a coastline of over 47,000 kilometers, Africa has a promising blue economy, an underutilized lifeline. In 2023, an Africa News article quoted Cyrus Rustomjee, a blue economy expert and researcher at the Center for International Governance Innovation, as saying:
(…) plus de 12 millions de personnes sont employées dans le seul secteur de la pêche, le plus important des secteurs de l'économie bleue africaine, assurant la sécurité alimentaire et la nutrition de plus de 200 millions d'Africains et générant une valeur ajoutée estimée à plus de 24 milliards de dollars, soit 1,26 % du PIB de l'ensemble des pays africains.
More than 12 million people are employed in the fishing industry alone. This is the most important industry for the African blue economy, ensuring the food security and nutrition of over 200 million Africans and generating an estimated added value of over USD 24 billion, or 1.26 percent of the total African GDP.
The documentary, “Africa’s Blue Pride: The Rise of the Indian Ocean” by David Casimir, a Mauritian environmental journalist and photojournalist for the Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), addresses this matter. In an email interview with Global Voices, he explained the rationale for this project under the African Union Media Fellowship (AUMF), for which he was a beneficiary in 2023. His documentary outlines the opportunities the blue economy offers in Mauritius and Madagascar.
Jean Sovon (JS): What was the rationale for making this documentary on Africa’s blue economy?
David Casimir (DC): Ce projet est né d’une urgence : celle de raconter une autre histoire de l’Afrique, une histoire maritime mais surtout une version bien africaine de cette histoire. Trop souvent, l’océan est absent dans les récits dominants sur le développement du continent. Or, il est au cœur de la vie de millions d’Africains. L’économie bleue représente une réponse concrète à des enjeux cruciaux comme la sécurité alimentaire, le changement climatique, la jeunesse et la souveraineté économique. On a parfois tendance à oublier qu’environ 90% du commerce Africain se passe par voie maritime. D’ailleurs l’Union Africaine à travers son « Africa’s Integrated Maritime Strategy 2050 (Stratégie maritime intégrée de l'Afrique 2050)» parle clairement de « l’impératif urgent de développer une initiative ‘Économie Bleue’ durable qui serait une version marine de l’économie verte, une initiative qui améliore le bien-être des citoyens Africains tout en réduisant de façon significative les risques environnementaux marins de même que les déficiences écologiques et à la biodiversité. »
J’ai voulu donner la parole aux communautés côtières, aux scientifiques, aux décideurs, aux jeunes. Ce documentaire est un plaidoyer visuel, une passerelle entre les réalités du terrain et les ambitions continentales. C’est une invitation à regarder l’Afrique depuis la mer, avec espoir et lucidité.
A travers ce documentaire j’ai voulu également mettre en évidence l’existence même des îles de l’Océan Indien et leur appartenance profonde au continent Africain. J’ai réalisé que beaucoup d’Africains ignorent que les petits états insulaires de l’Océan Indien font partie de l’Afrique, et surtout qu’ils contribuent également au développement du continent. Lors des discussions avec un haut responsable de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), il a été dit que les îles peuvent aider l’Afrique à être autosuffisante en termes de fruits de mer.
David Casimir (DC): This project stems from an urgent need to tell an alternative story about Africa, a maritime story, but most importantly, an African version of this story.
The ocean is often absent from mainstream narratives on the continent’s development. Yet, it is central to the lives of millions of Africans. The blue economy provides a tangible response to critical issues, such as food security, climate change, youth, and economic sovereignty. We tend to forget that around 90 percent of African trade occurs via maritime transport. With its ‘Africa’s Integrated Maritime Strategy 2050,’ the African Union explains the urgent need to develop a sustainable ‘Blue Economy’ initiative. This initiative would be a marine version of the green economy, improving the well-being of African citizens by significantly reducing marine environmental risks and ecological and biodiversity deficiencies.
I wanted to hear from frustrated communities, scientists, policymakers, and young people. This documentary is an advocacy tool, a gateway between on-the-ground realities and continental ambitions. It’s an invitation to look at Africa from the sea with insight and hope.
Through this documentary, I also wanted to evidence the existence of the Indian Ocean islands and their firm roots in the African continent. I realized that many Africans are unaware the small island states in the Indian Ocean are part of Africa, and that they contribute to the continent’s development. During discussions with a senior African Continental Free Trade Area (AfCFTA) official, it was mentioned how the islands can help Africa be self-sufficient in seafood.
Read: AfCFTA economic integration initiative aims to create free trade area in Africa
JS: Does this blue economy contribute to Africa’s economic development? Does it create jobs?
DC: Oui, clairement. L’économie bleue est un moteur de développement pour l’Afrique. Elle représente un potentiel économique estimé à plus de 300 milliards de dollars par an, et pourrait créer jusqu’à 57 millions d’emplois d’ici 2030 si elle est pleinement exploitée. Aujourd’hui, des millions de personnes travaillent déjà dans des secteurs liés à l’économie bleue : la pêche artisanale, l’aquaculture, le transport maritime, le tourisme côtier, la biotechnologie marine ou encore les énergies renouvelables marines.
A l’île Maurice environ 7 000 personnes travaillent dans le secteur de l’économie bleue, représentant environ 10% du PIB de l'île. Il y a notamment des secteurs comme la pêche, l’aquaculture, le tourisme ou encore le transport maritime. L'île dispose d’ailleurs, entre autres institutions, de son institut océanographique qui a développé et patenté une installation pour la production d’électricité en mer.
A Madagascar, rien que dans le secteur qu’ils appellent la petite pêche, environ 250 000 personnes sont engagées et répertoriés au niveau des autorités. De son côté, la petite île autonome de Rodrigues est un exemple en matière d’écotourisme et de développement durable. Ils ont mis en place des aires marines protégées ainsi que des périodes de fermeture de la pêche au poulpe et de certaines techniques de pêche comme la pêche à la senne qui sont très communes dans l'île.
Ce secteur crée donc de l’emploi et des richesses vitales pour ces îles. C’est un vivier d’emplois pour les jeunes, notamment dans les zones insulaires et côtières où les autres formes d’activités économiques sont souvent limitées. Ce secteur permet non seulement de créer des revenus, mais aussi de redonner aux communautés un rôle actif dans la gestion durable de leurs ressources.
Mais lors d’une journée en mer avec des pêcheurs à Ifaty, un petit village de pêcheurs situé au sud de Madagascar, j’ai pu aussi constater toute la difficulté de ces derniers à survivre grâce à leurs activités surtout avec une diminution considérable des ressources.
DC: Yes, definitely. The blue economy is a driving force for Africa’s development. If fully leveraged, it has an estimated economic potential of over USD 300 billion per year and could create up to 57 million jobs by 2030. Today, millions of people already work in blue economy industries, such as artisanal fishing, aquaculture, maritime transport, coastal tourism, marine biotechnology, and even marine renewable energies.
In Mauritius, around 7,000 people work in blue economy sectors, accounting for about 10 percent of the island’s GDP. These sectors include fishing, aquaculture, tourism, and marine transport. Among other institutions, the island also has its Oceanography Institute, which has developed and patented a facility for offshore electricity production.
In Madagascar, some 250,000 people are employed and registered with the authorities in the small-scale fishing sector alone. What’s more, the small autonomous island of Rodrigues is an example of ecotourism and sustainable development. They have set up protected marine areas and closed seasons for the octopus and seine-net fisheries that are very popular on the island.
This sector creates jobs and essential resources for these islands. It’s a source of employment for young people, especially in islands and coastal areas where other forms of economic activity are often limited. This sector enables revenue generation and gives communities an active role in the sustainable management of their resources.
However, one day at sea, with some fishermen in Ifaty, a small fishing village in southern Madagascar, I also saw how difficult it was for them to survive based on their activities, especially with the considerable resource reduction.
The documentary can be viewed here:
JS: Are the activities carried out for this economy subject to compliance with environmental policies, the preservation of ocean species, and sustainable development?
DC: En théorie, oui. Dans la pratique, cela dépend des pays et du niveau d’engagement politique. Beaucoup d’États africains ont intégré des cadres législatifs pour protéger les écosystèmes marins et encadrer les activités économiques. Des aires marines protégées, des règlements sur la pêche, et des protocoles environnementaux sont en place dans de nombreuses zones. Mais il reste encore des défis importants : la pêche illégale, la pollution, la dégradation des récifs, ou encore la faiblesse des mécanismes de contrôle et de suivi.
Cela dit, la tendance est clairement positive. Des initiatives comme le label Smilo (preuve de l'engagement durable) dans les petites îles, les programmes d’observation scientifique, ou encore les formations communautaires montrent que les choses avancent. Le défi est de rendre cette gouvernance environnementale réellement inclusive, locale, et fondée sur des données scientifiques solides. Les îles de l’Océan Indien essaient avec peu de moyens de baser leur développement sur les pratiques durables.
DC: Yes, in theory. In practice, it depends on the country and the level of political commitment. Many African states have introduced legislative frameworks to protect marine ecosystems and regulate economic activities. Protected marine areas, fishing regulations, and environmental protocols are in place in many areas. However, significant challenges remain, including illegal fishing, pollution, reef degradation, and inadequate monitoring and control mechanisms.
That said, the trend is positive. Initiatives like Smilo Label (evidence of sustained commitment) in the small islands, scientific observation programs, or community training show that things are progressing. The challenge is to make this environmental governance truly inclusive, local, and based on sound scientific research. The Indian Ocean islands try with very little funding to base their development on sustainable practices.
Read: What has become of Mauritania's fishermen fifteen years after the authorities signed an agreement with China?
JS: What is the added value of the blue economy to the African Union’s regional integration policy?
DC: L’économie bleue dépasse les frontières terrestres et oblige les pays africains à coopérer. Elle renforce les dynamiques régionales autour de défis communs : la sécurité maritime, la lutte contre la pêche illégale, la conservation des écosystèmes, le commerce maritime ou encore la recherche scientifique.
L'île Maurice et les Seychelles ont accepté de cogérer une zone maritime d’environ 400 mille kilomètres carrés. Ceci représente une avancée considérable en matière de gestion car deux États souverains s’accordent pour gérer un espace maritime.
L’Union africaine, à travers son Agenda 2063 et sa Stratégie africaine de l’économie bleue, place cette coopération au cœur de ses priorités. L’économie bleue agit donc comme un levier d’intégration, en harmonisant les politiques, en partageant les ressources et en construisant une vision continentale. Pour ce faire, la région Océan indien bénéficie du soutien de plusieurs partenaires, dont l’Union Européenne à travers des projets comme Ecofish (ECOFISH), une aide aux renforcements des capacités des acteurs comme les pêcheurs artisanaux.
DC: The blue economy transcends land borders and requires that African countries cooperate. It reinforces the regional dynamics around common challenges, such as maritime safety, illegal fishing, ecosystem conservation, maritime trade, and scientific research.
Mauritius and the Seychelles have agreed to co-manage a maritime area of around 400,000 square kilometers. This is a significant step forward in management, as two sovereign states have agreed to manage a maritime space.
The African Union has made this cooperation a central priority in its Agenda 2063 and Africa Blue Economy Strategy. Therefore, the blue economy acts as an integration tool by aligning policies, sharing resources, and forging a continental vision. To do so, the Indian Ocean region receives support from several partners, including the European Union and projects like ECOFISH, a capacity-building support program for groups like artisanal fishermen.








