In Africa, gender equality in the digital sphere is essential for fair and sustainable development

Women at the African Center of Excellence in Energy and Sustainable Development (at the college of Science and Technology, University of Rwanda) practice with wind, solar and other models/simulators in the renewable energy lab.

Women at the African Center of Excellence in Energy and Sustainable Development (at the College of Science and Technology, University of Rwanda). Image from Flickr CC BY-NC-ND 2.0

In Africa and beyond, societies are experiencing a rapid digital transformation that is not without risks. Citizen vulnerability to cyber attacks is a real danger, often affecting more women than men.

To learn about the potential solutions to this danger, Global Voices conducted an email interview with Togolese lawyer Winnie Aicha Tchedre, a digital rights expert and the instructor responsible for training and raising awareness on cyber hygiene and technological education.

Jean Sovon (JS): How might digital rights education help development and digital inclusion in Africa?

Winnie Aicha Tchedre (WAT): L'éducation numérique est un puissant levier pour le développement et l'inclusion technologique en Afrique, mais à condition qu'elle soit conçue pour et avec les femmes et les groupes marginalisés.

En effet, le genre est un aspect majeur dans notre engagement parce que la fracture numérique des pays africains, y compris au Togo, a un visage genré. Les femmes sont les plus concernées par l’illectronisme, c'est-à-dire le manque de compétences ou de connaissances sur l'utilisation des outils numériques. Cela est dû aux obstacles spécifiques, socio-économiques et d'éducation culturelle qui limitent leur accès aux technologies.

Sans une éducation numérique inclusive qui tient réellement compte du genre, nous allons aggraver les inégalités qui existent déjà. C'est pourquoi nous encourageons la forte présence des filles au cours de nos formations: une éducation numérique réussie permet l'autonomisation économique des femmes pour l’accès à l'information, au marché en ligne, au télétravail, à la télémédecine qui prend de plus en plus de l'ampleur, aux démarches administratives en ligne.

Winnie Aicha Tchedre (WAT): Digital education is essential for development and digital inclusion in Africa, but only if designed with and for women and other marginalized groups.

Gender is central to our work as the digital divide in African countries, like Togo, is gender-based. Digital illiteracy, a lack of skills or knowledge in using digital tools, most commonly affects women. This is due to specific socio-economic and cultural barriers limiting their access to technology.

Without inclusive digital education that takes due account of gender, the inequalities that already exist will only worsen. We, therefore, encourage a strong presence of girls at our training sessions. Successful digital education facilitates women’s economic empowerment and access to information, the online marketplace, online administration, teleworking, and telemedicine, which is gaining traction.

Photo of Winnie Aicha Tchedre. Used with permission.

JS: How do you consider gender in digital rights projects?

WAT : L'intégration du genre doit se faire suivant une démarche bien structurante qu'il faut adopter en faisant des diagnostics genrés. Au début de la conception du projet, il faut analyser les réels besoins, les obstacles, les impacts qui concernent les femmes, les hommes, et donc collecter les données désagrégées par sexe. C'est le cas du projet West African Regional Communication Infrastructure Programme (WARCIP), qui intègre les volets pour l'accès des femmes aux formations qui sont requises.

Il faut également partir d'une conception inclusive parce qu'il faut impliquer les femmes dès la phase de conception des outils, des plateformes, des programmes de formation. Penser à créer des interfaces qui permettent l'accès facile aux femmes, des contenus pédagogiques et en langues locales, et tenir compte des niveaux de connaissance des femmes.

Sous nos cieux, la majorité des femmes ne sont pas allées à l'école. Même si elles parlent français, elles le lisent difficilement, c’est encore plus compliqué sur une interface numérique. Dès la conception, il faut les impliquer pour qu'elles puissent d'abord prendre connaissance de ce qui est fait pour elles, afin d’en avoir la maîtrise. Il faut adapter les canaux de communication, les horaires. Il y a des associations de femmes qui peuvent servir de relais d'information auprès des autres pour expliquer le cyberharcèlement, le sexisme et les risques présents dans l'écosystème numérique. Il faut aussi sensibiliser les développeurs des outils numériques pour éviter les biais de genre.

WAT: Gender inclusion requires a well-structured approach involving gender-based analyses. Collecting gender-disaggregated data early on in the project is necessary to analyze the real needs, barriers, and impacts affecting women and men. An example of such a project is the West African Regional Communication Infrastructure Programme (WARCIP), which incorporates components for women’s access to the training required.

It’s also essential to follow an inclusive approach, involving women from the design phase of the tools, platforms, and training programs. Consider creating interfaces that provide easy access for women and educational content in local languages, and acknowledge women’s level of knowledge.

In our countries, most women have never attended school. Although they may speak French, they have difficulty reading it, and that’s all the more complicated on a digital interface. We must, therefore, include women from the outset so they understand what’s being done for them and ultimately master it. Women’s associations can act as information sources for others, explaining cyber harassment, sexism, and the risks associated with the digital landscape. Raising awareness among digital tool developers is also necessary to prevent gender bias.

JS: What are the main barriers women face in accessing digital technologies? 

WAT : Les femmes sont celles qui rencontrent le plus d'obstacles en termes d'accès aux technologies numériques. Dans le contexte togolais, les obstacles socioculturels continuent d'engendrer l'exclusion des femmes. Des propos tels que: “les femmes ne sont pas faites pour le numérique”conduisent a des situations où le portable d’une femme est contrôlé par son homme. Il y a également la méconnaissance de l'usage des outils numériques en dehors réseaux sociaux. Sans oublier le coût de la connexion Internet qui est toujours non abordable pour la majorité des femmes, surtout pour celles en zones reculées.

En termes de sécurité, la peur des violences en ligne est également un point à soulever. Sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, il y a de plus en plus de violence, de harcèlements, d'insultes, d'escroqueries dont elles peuvent être facilement victimes.

WAT: Women face the greatest barriers in accessing digital technologies. In Togo, sociocultural barriers continue to exclude women. Remarks like “Women don’t belong in the digital world” lead to women’s husbands often controlling their cell phones. They also lack knowledge in how to use digital tools other than social networks. And that’s not to mention the cost of internet connections, which is still unaffordable for most women, especially those in remote areas.

In terms of security, the fear of online violence is another concern. On social networks and other digital platforms, there is increasing violence, harassment, insults, and scams, of which they can easily become victims.

JS: How would you gauge the impact of gender stereotypes on digital content? Are there any mechanisms for reporting and addressing online gender-based discrimination or violence?

WAT : Ici, il faut noter que les stéréotypes renforcent les inégalités. L'image de la femme objet, cantonnée au rôle domestique, alors que l'homme est le chef de famille renforce les préjugés. De plus, les femmes expertes sont souvent invisibles: au Togo, les femmes modèles sont rares, et ceci est renforcé par les biais algorithmiques qui les marginalisent, parce que les données sont sont reproduites en défaveur des femmes, dans les résultats de recherche, les suggestions d'emploi, les ciblages publicitaires.

La plupart des contenus qu'on voit sur les réseaux sociaux sont sexistes et creusent davantage la phobie des femmes à profiter pleinement du numérique. Aujourd'hui, sur Facebook, Twitter, Instagram, on voit des propos tellement sexistes, qu'on se dit « merde, on est où, là ? ». Chacun se permet de dire ce qu'il veut, à qui il veut, sans être poursuivi, surtout dans le contexte africain. Tout cela a de réels impacts sur l'accès des femmes au contenu numérique.

Au Togo, il y a une unité spécialisée de police supérieure de la brigade, des centres de protection des données personnelles qui peuvent être saisis pour des cas de collecte illicite de données à caractère personnel. De plus, sur les grandes plateformes numériques comme Facebook, Instagram, TikTok, il y a des boutons de signalement pour des contenus sexistes ou haineux, des harcèlements. On peut donc signaler un fait criminel, une situation qui nous déplait en tant que femme, ou homme. Le défi est que très peu savent qu'ils ont des droits à faire valoir dans ce contexte.

WAT: It’s worth noting that stereotypes heighten inequalities. The image of women confined to their domestic roles and men as the head of the household reinforces prejudices. What’s more, women experts often go unseen. In Togo, female role models are rare. Algorithmic biases that marginalize women only fuel this cycle as data generated in search results, job suggestions, and targeted advertising is unfavorable towards women.

Most of the content on social media is sexist and further worsens women’s fear of taking full advantage of digital technology. Today, on Facebook, Twitter, and Instagram, we see such sexist remarks that we think to ourselves, “What kind of place is this?” Everyone is entitled to say whatever they want and to whomever they want without consequences, especially in Africa. All this has a real impact on women’s access to digital content.

In Togo, there is a specialized senior police unit and personal data protection centers that can be called in for the unlawful collection of personal data. What’s more, on major digital platforms like Facebook, Instagram, and TikTok, there are report buttons for sexist, hateful, or harassing content. We can report criminal acts or a status we dislike as women or men. The issue here is that very few people know they have rights under such circumstances.

JS: Are there any laws guaranteeing gender equality in the digital sphere?

WAT : La mise en œuvre de lois ou de réglementations spécifiques pour garantir l'égalité de genre est encore un défi sur le continent. Néanmoins, il y a des initiatives au niveau régional comme le protocole de Maputo, l’agenda 2063 de l'Union africaine, la politique du genre de l'Union africaine qui vise à créer un environnement numérique plus inclusif.

En ce qui concerne les droits de la femme africaine, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) rappelle dans ses articles 1, 3 et 9, l'importance de garantir la protection de la femme comme un des principes fondamentaux . Il y a également la résolution sur la protection des femmes contre la violence numérique en Afrique, dénommée la CADHP/RES de 2022, qui rappelle aux États à adopter les législations pour lutter contre les formes de violences numériques et à élargir la définition de la violence basée sur le genre.

La définition des violences basées sur le genre intègre aujourd'hui les violences verbales, surtout en ligne. Il faut que les cadres juridiques puissent tenir compte de tous ces paramètres pour pouvoir redéfinir les violations basées sur le genre.

De nombreux pays ont adopté des lois qui sont inspirées de la Convention du Maroc, de l'Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données, et également de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Certaines lois criminalisent explicitement des violences basées sur les genre comme le cyberharcèlement, la cyber-diffamation à caractère sexuel, la diffamation d'images intimes non consenties, c'est le cas de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Bénin. Mais peu de lois sont proactives, ce qui ne garantit pas de manière spécifique et pleinement l'égalité d'accès.

Les lois contraignantes sur l'inclusion numérique et le renforcement des dispositions contre les biais algorithmiques discriminatoires sont des chantiers essentiels pour l'avenir. L'égalité dans le numérique n'est pas un luxe, c'est vraiment une condition sine qua non d'un développement juste et durable pour l'Afrique.

WAT: Enforcing specific laws or regulations that guarantee gender equality is still challenging on this continent. However, there are regional initiatives, such as the Maputo Protocol, the African Union’s Agenda 2063, and the African Union Gender Policy, which aims to create a more inclusive digital environment.

Regarding African women’s rights, Articles 1, 3, and 9 of the African Charter on Human and Peoples’ Rights (ACHPR) underline the importance of guaranteeing the protection of women as one of its fundamental principles. There is also the Resolution on the Protection of Women Against Digital Violence in Africa, known as ACHPR/RES 2022, which establishes that states adopt legislation to combat digital violence and broaden the definition of gender-based violence.

Today, the definition of gender-based violence includes verbal abuse, especially online. Legal frameworks must acknowledge all these parameters to enable the redefinition of gender-based violations.

Many countries have passed laws based on the African Union Convention on Cyber Security and Data Protection, the Moroccan Convention, and the Economic Community of West African States (ECOWAS) Convention. Some laws explicitly criminalize gender-based violence, including cyber harassment and cyber defamation of a sexual nature or non-consensual intimate image abuse. Such is the case in Côte d'Ivoire, Senegal, and Benin. However, few laws are proactive, thus not specifically or fully guaranteeing equal access.

Binding laws on digital inclusion and strengthened provisions against discriminatory algorithmic biases are vital for the future. Digital equality isn’t a luxury, but an absolute necessity for fair and sustainable development in Africa.

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